L'oranger

Moka par @flonot : hommage !

Shkrshhskrhhkrrffff

La symphonie de la moka. Un petit opéra le matin, Giuseppe Verdi dans ta tasse, la petite fumée qui embaume la cuisine, et les notes qui coulent dans la tazzina.

Ou après le déjeuner, quand repus après un grand chelem à l’italienne, tu vois arriver la majestueuse moka, celle qui a vu naître tout le monde dans la famille, de tes grands-parents jusqu’au petit dernier. Elle est là.

Triomphante mais discrète.

Elle a le succès humble cette moka, comme l’Italie.

L’odeur entêtante, comme une mélodie dont tu n’arrives pas à te passer. Obsédante. Sa silhouette trapue en fer, élégante, cette cafetière si italienne, tellement italienne. Ce petit monument dans toutes, toutes les maisons italiennes, en Italie et à l’étranger.

L’aria di casa. Quand la mienne crachouille les dernières gouttes, je me sens chez moi. Chez moi, vraiment, dans toutes les maisons où j’ai habité. De l’appartement de Villeurbanne où je suis née, la maison à Caluire où j’ai grandi, la casa della nonna à Manfredonia au mois d’août, et la petite dizaine de studios qui ont accompagné mes études, et mes premiers boulots.

La mienne, ma moka, je l’ai acheté en 2002, avec mon tout premier salaire de stagiaire. 18 Euros. Une 3 tasses. A Sienne. Je me souviens que c’est la première chose que j’ai acheté avec les 300 euros que je gagnais. J’avais quitté le cocon familial pour la première fois, avec les victuailles de la mamma dans mes valises.

Des tomates – oui, ma mère m’avait laissé une cagette de tomates fraîches et en pots, on vient du sud de l’Italie ou pas – des biscuits, de la lessive, des draps et des taies d’oreillers neufs, des chocos carrefour – je n’acceptais de manger que ceux-là – et une toute petite moka 2 tasses. Petite moka qui est décédée le jour où j’ai oublié de mettre de l’eau dans le récipient inférieur.

J’ai versé autant de larmes que de gouttes de caffé qu’elle ne fera plus jamais.

Alors quand j’ai acheté cette moka 3 tasses, j’en ai pris soin comme la prunelle de mes yeux. Parce qu’elle me fait un cadeau, chaque fois que je prépare le caffè. Je me suis habituée à son goût, son odeur, la couleur de son élixir noir et doré. C’est magique. On cherche souvent à retrouver les saveurs de l’enfance. Avec ma moka, ce sont les saveurs de toute ma vie qui reviennent.

Elle m’a suivie partout où j’ai été, partout où mon parcours étudiant et professionnel m’a portée. Une amie, un point de repère, toujours dans ma valise. Même en vacances. A Sienne, Clermont-Ferrand, Reims, Budapest, Bordeaux, Amsterdam, Milan, et maintenant Parme. Partout.

Pour fêter un autre salaire, bien plus tard, j’ai accueillie chez moi la grande soeur de la moka – la mokona – qui me donne envie de taper dans les mains et faire une mini-danse de la joie à chaque espresso a regola d’arte qu’elle me délivre. Et elle est si belle.

Mais ma petite moka n’est jamais bien loin.

Quand ici j’ai partagé avec toi mon amour du caffè al bar, et comment tu pouvais retrouver un peu de cette magie chez toi, je ne m’imaginais pas recevoir par la suite autant de cadeaux de ta part. Tu m’as envoyé la photo de ta moka. Celle achetée neuve suite à la lecture du billet, ou celle que tu as depuis longtemps, celle qui, comme la mienne, t’a suivie partout et recèle de milliers de souvenirs.

Un peu d’Italie est entrée dans ton cœur, et ça, c’est le plus beau cadeau que tu pouvais me faire. Mes yeux pétillent quand je vois tes photos.

Oui, je suis probablement excessive… mais vraiment, merci.

Grazie encore une fois, parce que la moka est un de ces petits bonheurs simples, qui avec un peu de magie, donne un peu de répit dans n’importe laquelle des journées moroses.

Grazie, parce que maintenant tu sais.

Ou tu savais déjà que…

La semplicità è l’ultima sofisticatezza – Leonardo da Vinci

Un bacione,

@flonot

PS : Brûlons George Clooney, le nouveau credo du #MokaClub

http://mangiareridere.fr/2012/12/07/moka-buongiorno-italia/

Quelle folie de croire savoir qui on est.

Un joli texte de Fanny Grangier qui résonne en moi que je vous fais partager (lien en bas du texte) :

Quelle folie de croire savoir qui on est. Quelle imprudence de penser que l’on sait exactement ce que l’on veut. Les plus chanceux ont une intuition, une inspiration qui leur permet de choisir plus ou moins sereinement un chemin. Moi qui ai appris à faire des choix, à me définir, à tordre le monde selon ma volonté, je comprends maintenant que j’ai réussi à être parfois là, ici et maintenant, presque alignée à l’une d’entre moi, mais rien d’autre. Rien de définitif.

Je commence à sentir que rien n’est plus illusoire que de savoir qui on est. Je suis vivante, je suis une femme, je suis mère… De ces trois affirmations objectives, je saisis la fragilité, la volatilité.

Je sais d’où je viens et j’embrasse totalement mes racines. Je les aime, je les protège, je les arrose. Elles me permettent de m’égarer dans les forêts, de me dresser contre une tempête et d’en perdre toutes mes feuilles. Le coeur gelé et les branches arrachées, je sais que le printemps y puisera de nouveau goulûment sa sève.

Je sais qui je suis, là, ce soir, entre deux sommeils, inspirée. Je connais ma source. Mais demain, reposée, goûtant une autre eau dont les bienfaits seront différents, j’aurai sans doute un autre visage. Pas tout à fait une autre, pas tout à fait la même. Je suis déjà très différente sous le regard de Julia, Laura, Sibylle, Géraldine, ou Valérie, mes “soeurs”… Chaque rencontre, quand elle est réélle, me change. Et c’est précisément à cet endroit que j’arrête de choisir. Je me prends ainsi, éclatée. Il faut juste un grand bus pour faire rouler toutes ces Fanny sur la même route.

A moins que… Je ne vois que ça… On s’écarte totalement du monde et qu’on évite la rencontre. Là, seul, droit, sec, empaillé, je saurai de quoi je suis fait. Un renard argenté, monté sur roulettes, filant droit, bien droit dans le mur.

http://anosenfants.typepad.fr/le_blog_des_bonnes_ondes/2012/12/quelle-folie-de-croire-savoir-qui-on-est-.html

Il Risotto. Il Miracolo.

mangiareridere:

Risotto ai Funghi

Il faut prendre ton temps.

Ca ne s’improvise pas. Et surtout ce soir, tu as un invité. Le genre d’invité pour lequel tu t’es décarcassé longtemps, avant de savoir ce que tu allais bien pouvoir cuisiner pour lui faire honneur. Tu n’en as quasiment pas dormi depuis que tu sais qu’il sera à ta table.

Cet invité, tu ne veux pas le décevoir. Si tu te plantes, tu pourrais t’en vouloir longtemps, parce qu’il ne revient pas si facilement, et pardonne rarement.

Cet invité il est dans ton Verre.

Quand tu as lu le billet de Sand, tu n’as pas pu t’empêcher - et comme je te comprends - de courir acheter une bouteille d’Amarone, et depuis tu la regardes amoureusement et tu attends.

Elle te l’a dit, Sand, que l’Amarone, c’est un vin de temps.

Donc tu as patienté. Longtemps. Looooooongtemps.

Et maintenant tu sais ce que tu vas faire. C’est venu comme une illumination. Tu n’allais quand même pas faire une vulgaire entrecôte.

Un Risotto.

Évidemment. Qui mieux que le risotto, sa crème divine et miraculeuse - miraculeuse tu m’entends ? - son fondant, sa chaleur, pourrait mieux servir l’Amarone ? Oui, parce que cette fois, ce n’est pas le vin qu’on sert avec le plat. C’est le plat que tu vas servir avec l’Amarone.

Tu as posé la bouteille délicatement et en évidence dans ta cuisine, elle va trôner pendant tout ce temps où tu vas cuisiner ce repas qui va la sublimer. Et tu ne vas pas la quitter des yeux, pour que tu n’oublies pas que ce soir, c’est bien pour elle que tu cuisines.

Toi, Moi, L’Italie entière à ses pieds.

N’AYONS PAS PEUR DES MOTS.

Le Risotto, c’est un plat de temps. Il faut du temps. Il faut prendre du temps.

Il faut atomiser les restaurants qui te servent un risotto en moins de 20 minutes. Il faut aller en cuisine, et couper la main du “cuisinier”, en pénitence. 

Un Risotto ne peut pas être servi en moins de 20 minutes, et ne se prépare pas à l’avance. Répète après moi. Un Risotto ne peut pas être servi en moins de 20 minutes, et ne se prépare pas à l’avance. Encore une fois. Un risotto ne peut pas…

Tu as compris ?

Si tu commandes un Risotto et qu’il arrive illico, cela signifie que CES BANDITS L’ONT PRÉPARÉ A L’AVANCE.

Et ça, ça mériterait que je les envoie au fond de l’Adriatique accrochés à des parpaings. Pour donner à manger aux poissons. Et encore. Les pauvres.

Prends garde, le Risotto c’est loin d’être simple. Il faut beaucoup d’attention. De la rigueur et de l’amour. Ne jamais prendre confiance. Une erreur d’inattention, ET C’EST LE DRAME.

Donc tu ne te laisses pas distraire, tu vires tout le monde de ta cuisine, tu fais le silence autour de toi, et tu y vas.

Pour un Risotto traditionnel, il te faut :

Petit a : Du Riz. Carnaroli ou Arborio (ce sont les plus simples à trouver)

Celui que tu préfères, je n’ai pas de religion de ce coté là. Ce sont des riz ronds, il existe des cultures immenses dans le Nord en Italie, du Piémont à la Lombardie. Et oui, tu n’imaginais pas, n’est ce pas ? Le riz rond est parfait pour le risotto. Il fait de la bonne crème. A chaque fois que je vois cette petite crème, je me dis que c’est un miracle.

Un miracle, tu m’entends ?

Petit b : Des oignons

Petit c : Du vin blanc

Petit d : Du Parmigiano Reggiano

Petit e : Du sel, du poivre, du beurre

Petit f : Du Bouillon.

Alors là, parlons-en au bouillon. Tu me jettes ces cubes Knorr tous préparés. Tu le fais toi-même. Et oui - que tu crois - on t’avait prévenu avec Sand que l’Amarone était un vin de temps. Alors tu retrousses tes manches et tu fais un bon pot-au-feu aux légumes et au boeuf, et tu gardes bien le bouillon.

(Ou alors la prochaine fois que ta mère fait un bouillon, tu le récupères et tu le congèles)

(OUBLIE CE QUE TU VIENS DE LIRE)

Bon maintenant que tu es préparé psychologiquement, on y va.

Pour les quantités, je n’en sais rien, je fais tout au pif. C’est dans les gènes que l’Italie m’a transmis, désolée. Je sais, tu en as marre de ne pas être Italien. Bonne chance.

Donc déjà, tu fais bien bouillir le bouillon. Il faut que le bouillon bouille et soit bien bouillant quand tu vas en avoir besoin. Tu as compris ? Si tu veux je le surveille pour toi.

Dans une casserole, tu fais fondre une noix de beurre sans le faire brûler. Et tu fais revenir les oignons que tu auras coupés bien finement. Tu les fais revenir jusqu’à ce qu’ils deviennent transparents. Le secret du Risotto, c’est surveiller.

Tout, tout le temps. Ne pas se planter dans le timing. A tous les instants, tu as tout sous contrôle. Un peu comme les 20 minutes de ton examen du permis de conduire. Tu vois ? T’as les yeux dans les rétros, sur la route, devant, sur les cotés, partout, tout le temps.

Une fois que tes oignons sont transparents, tu verses l’intégralité de ton riz Carnaroli - j’ai décidé que tu utiliserais du Carnaroli, voilà. Et là attention, tu vas suivre attentivement ce que je vais te dire.

Tu vas remuer délicatement le riz, bien l’imprégner du beurre et des oignons, et à partir de maintenant, tu ne cesseras PLUS JAMAIS de remuer. Quitte à passer pour un maniaque, tu ne lâches POUR AUCUNE RAISON cette cuillère en bois et tu remues. Pas frénétiquement, pas énergiquement, doucement, régulièrement, tout le temps, sans t’arrêter.

Un vin de temps, Sand, elle t’a dit. Qui demande des efforts.

Il ne faut pas te planter dans le timing. NE TE PLANTE PAS DANS LE TIMING.

Une fois que ton riz est bien imprégné, hop, un verre de vin blanc. Tu mélanges, tu attends que le riz ait absorbé le vin.

Tu ne t’arrêtes pas de remuer. Je casserai une assiette par terre à chaque fois qu’un de tes grains de riz accrochera au fond de ta casserole.

Tu comprends, c’est important. L’Amarone te regarde. Tu regardes l’Amarone. C’est bon, tu as compris que c’était important.

Une fois que ton riz a bien absorbé le vin, louche par louche tu vas verser ton bouillon. Bouillant.

Chaque louche. Tu laisses bien que le riz absorbe chaque louche.

Petit à petit.

Tout en remuant.

Ne faiblis pas. Coucou l’Amarone.

Je te le confisque, l’Amarone, si tu faiblis.

Tu vas voir. Le miracle sous tes yeux ébahis.
Le riz va gonfler, prendre du volume. Et relâcher cette crème miraculeuse. J’ai vu des gens sortir leur pot de crème fraîche pour faire un risotto.

C’est parce qu’ils ne connaissent pas le Miracle.

Il Miracolo.

Enfer et damnation. Dante aurait du penser au 8ème cercle de l’Inferno, celui des obsédés de la crème fraîche.

Il faut goûter de temps en temps le Carnaroli. Parce qu’il ne doit être, ni croquant, ni trop cuit. Il faut que le résultat ne soit ni liquide, ni compact. Il faut que ce soit crémeux. Il faut qu’il tienne sur ta fourchette. Oui, parce que tu ne pensais pas manger ton risotto avec une cuillère n’est ce pas ? Bien.

S’il tient sur ta fourchette sans couler tout en étant liquide, tu as bon.

Et oui. Pas facile.

Tu sais parfois, le Risotto ne te rend pas tous tes efforts. Tu penses avoir fait tout comme il faut, et le résultat n’est pas celui que tu attendais.

Il faut persévérer… Parce que l’Amarone le vaut bien.

TU CONTINUES DE REMUER, JE T’AI VU.

Et tout ça en 18 minutes.

Quoi ?

Oui, 18 minutes. Ni une de plus, ni une de moins. Donc ne te plante pas dans le timing des étapes. Le Secret. Donc tu as intérêt à avoir bien fait absorber tout ton riz avec ton bouillon, parce qu’au bout de 18 minutes, je retire tout ça du feu.

Comme à l’examen du permis de conduire. Quand c’est fini, c’est fini. Tu ne peux pas revenir en arrière. Tu ne peux pas rattraper si tu t’es planté. Il faut que tu recommences.

Si ça peut te consoler, j’ai loupé 4 fois mon permis de conduire. Et maintenant je suis un As du Volant. Mais passons.

Tu retires du feu et tu rajoutes une noix de beurre.

Tu n’as pas cessé de remuer.

Tu mets une bonne poignée de Parmigiano Reggiano.

Tu continues de remuer. 

Le Risotto, c’est un plat presque… asocial. Si tu as des invités, tu es obligé de les abandonner. Mais quand tu reviens, c’est il Miracolo dans leurs assiettes. Ce secret là, avant de le livrer, tu vas attendre un peu. Parce que bon, tous ces efforts, hein, c’est quand même pas pour les jeter en pâture au premier venu.

C’est la base du Risotto. Si tu sais faire ça, tu sais faire n’importe quel risotto. Pour l’Amarone, je te conseille des bonnes cèpes. Des bons Funghi Porcini, à la saveur forte, qui reste en bouche, qui embaume ta cuisine.

Tu les cuisines comme tu les aimes, et tu les rajoutes à la fin de la cuisson, après le Parmigiano.

Et n’oublie pas, il faut que ce soit joli. Alors tu gardes des cèpes pour les rajouter par dessus tout ça, directement dans les assiettes. L’Italie te remercie.

Tu sers les assiettes immédiatement, il Risotto n’attend pas.

Il Miracolo est bref. Un instant sacré, volubile, presqu’insaisissable.

Dégustons sur l’instant. Crois-moi, tu ne commanderas plus jamais un Risotto au restaurant après ça.

Maintenant que tu sais.

Mais avant, sers-toi donc un bon verre d’Amarone. Puis à moi aussi, tiens. Puis à Sand evidemment.

Il est perfetto ce Risotto, bravo. Il donne envie de rester à table jusqu’à 4h du matin pour refaire le monde.

J’espère que tu as prévu une deuxième bouteille d’Amarone. 

Baci

@flonot

Prospection amoureuse

Article paru dans une revue financière (sérieuse) aux U.S
> Même si cette histoire parait invraisemblable, elle est tout à fait véridique !!!

>
> Une femme a écrit a un « Cabinet conseil en investissements » pour demander des adresses en vue d’épouser un homme très riche. Ceci est déjà cocasse, mais le plus drôle c’est la réponse bien fondée que lui a adressée l’analyste financier.
>
> « Je suis une belle jeune femme (je dirais même très belle) de 25 ans, bien élevée et j’ai de la classe.
> Je souhaite me marier avec un homme qui gagne au moins un demi-million de dollars par an.
> Avez-vous dans vos fichiers les adresses de quelques hommes célibataires (veufs ou divorcés) qui gagnent 500.000 dollars ou plus ?
> Peut-être aussi que des épouses d’hommes riches peuvent me donner quelques conseils ?
> J’ai déjà été fiancée à des hommes qui gagnent de 200 à 250 mille dollars pas plus…mais 250 mille ce n’est pas suffisant pour que je puisse vivre dans le Park West Central.
> Je connais une femme, dans mon cours de yoga, qui s’est mariée à un banquier.
> Elle vit dans Tribeca, et pourtant elle n’est ni aussi belle que moi, et pas même intelligente.
>
> Mais alors, qu’a-t-elle fait que je n ai pas fait ?
> Comment puis-je atteindre son niveau de vie ? »
>
> Raphaela S
>
>


Réponse de l’expert :
>
> J’ai lu votre courrier avec une grande attention, et après avoir longuement étudié votre demande c’est avec grand soin que je me suis livré à une analyse financière de votre situation :
>
> Premièrement, je ne vous fais pas perdre de temps, puisque moi même je gagne plus de 500 mille dollars par an.
> Ceci étant dit, je considère les faits de la façon suivante :
> Ce que vous offrez (pouvant être compris ainsi par l’homme que vous cherchez) est simplement une bien mauvaise affaire.
>
> Voici pourquoi :
>
> Laissant les subterfuges de côté.
> Ce que vous proposez c’est un simple business :
> Vous mettez votre beauté physique et je mets l’argent.
> L’offre est claire et sans détours.
>
> Cependant un problème existe :
>
> Avec certitude, votre beauté va s’étioler et un jour va disparaitre, alors qu’en même temps, très probablement mes revenus et ma fortune continueront de croitre.
> Ainsi, « en termes économiques » vous êtes un passif qui subit une dépréciation et je suis un actif qui produit des dividendes. Vous subissez donc une dépréciation, mais comme celle-ci est progressive, votre valeur diminue de plus en plus vite !
>
> Soyons plus précis :
>
> Vous avez aujourd’hui 25 ans vous êtes belle et sans doute le resterez vous durant les 5 ou 10 années à venir.
> Mais chaque année un peu moins, et déjà quand vous vous comparerez à une photo prise aujourd’hui, vous constaterez combien vous avez vieilli.
> Cela signifie que vous êtes aujourd’hui dans la « phase de croissance » c’est donc le bon moment pour être vendue mais non pour être achetée.
> En utilisant le langage de Wall Street, celui qui vous possède aujourd’hui a intérêt à vous avoir en « Trading position » (position de vente) et non dans « buy and hold » (acheter et conserver)… c’est pourtant ce que vous offrez.
>
> Par conséquent, toujours en termes économiques, le mariage (qui est un « buy and hold ») avec vous n’est pas une bonne affaire à moyen ou à long terme. En revanche, la location pourrait être, en langage commercial, une affaire raisonnable que nous pouvons méditer et en discuter vous et moi.
>
> Je pense que si vous fournissez la garantie « bien élevée, avec de la classe… et merveilleusement belle » je pourrais très probablement être le locataire de cette « machine ».
>
> Cependant, je souhaite faire, ce qui est une pratique habituelle en affaire un essai, c’est à dire un « test drive… » avant de concrétiser l’opération.
>
> Somme toute : comme, vous acheter est une mauvaise affaire pour cause de dévaluation croissante, je vous propose une location d’une durée pendant laquelle le matériel est dans un bon usage.
>
>

> En attendant de vos nouvelles, je prends congé cordialement.
>
> Un millionnaire

Message aux indécis par Jean d’Ormesson

La victoire de François Hollande est à peu près acquise, et elle risque d’être éclatante.
Le moment est idéal pour se déclarer sarkozyste.
La question n’est pas de savoir qui l’emportera en mai 2012.
On a longtemps été convaincu dur comme fer que ce serait M. Strauss-Kahn.
On a pu croire que ce serait Mme Aubry.
On a même pu imaginer que, par un coup du sort, ce serait Mme Le Pen.
Il n’est pas tout à fait exclu que M. Bayrou, M. Mélenchon, M. Montebourg se soient monté le bourrichon jusqu’à se persuader de leur chance de l’emporter. Tout sauf Sarkozy.
N’importe qui sauf Sarkozy. Ce sera M. Hollande. François Hollande est un parfait honnête homme. Il est intelligent, charmant, cultivé, et même spirituel.
Il y a chez cet homme-là un mélange de doux rêveur et de professeur Nimbus égaré dans la politique qui le rend sympathique.
Il est mondialement connu en Corrèze.
Ce n’est pas lui qui irait courir les établissements de luxe sur les Champs-Élysées, ni les suites des grands hôtels à New York ou à Lille, ni les yachts des milliardaires.
Il ferait, je le dis sans affectation et sans crainte, un excellent président de la IVe République. Ou plutôt de la IIIe.
Par temps calme et sans nuages. Il n’est jamais trop bas. Mais pas non plus trop haut.
C’est une espèce d’entre-deux: un pis-aller historique.
Ce n’est pas Mitterrand: ce serait plutôt Guy Mollet. Ce n’est pas Jaurès ni Léon Blum: c’est Albert Lebrun. Ce n’est pas Clemenceau: c’est Deschanel.
Il parle un joli français. Et sa syntaxe est impeccable. On pourrait peut-être l’élire à l’Académie française. Ce serait très bien. Mais en aucun cas à la tête de la Ve République, par gros temps et avis de tempête.
C’est vrai: Sarkozy en a trop fait. Hollande, c’est l’inverse. Car n’avoir rien fait est un immense avantage, mais il ne faut pas en abuser. Il n’est pas exclu, il est même possible ou plus que possible, que M. Hollande soit élu en mai prochain président de la République.
C’est qu’à eux deux, M. Hollande et le PS, qui sont assez loin d’être d’accord entre eux -je ne parle même pas de M. Mélenchon ni de Mme Joly dont ils ont absolument besoin pour gagner et dont les idées sont radicalement opposées à celles de M. Hollande-, ont des arguments de poids : la retraite à 60 ans (quand la durée de vie ne cesse de s’allonger), 60.000 nouveaux fonctionnaires (quand il s’agit surtout de réduire les dépenses publiques), 30% de baisse sur les traitements du président et des ministres (même M. Jean-Marie Le Pen, de glorieuse mémoire, n’a jamais osé aller aussi loin dans le populisme et la démagogie).
Avec des atouts comme ceux-là, on a de bonnes chances de gagner.
Aussi n’est-ce pas dans la perspective de l’élection de 2012 que je me situe.
C’est avec le souci du jugement de l’histoire. M. Sarkozy, autant le reconnaitre, a fait pas mal d’erreurs.
À voir comment se présente la campagne d’un Parti socialiste qui semble n’avoir pas appris grand-chose des leçons de son temps, ce sera bien pire avec lui qu’avec M. Sarkozy. Les déclarations d’intention ne valent rien.
Il faut des exemples vivants.
M. Zapatero, en Espagne, est un homme plus qu’estimable. Il est socialiste. Le chômage en Espagne est plus du double du nôtre.
M. Papandréou en Grèce est socialiste. Est-ce le sort de la Grèce que nous souhaitons pour la France?
M. Sarkozy a été plus attaqué, plus vilipendé, plus trainé dans la boue qu’aucun dirigeant depuis de longues années.
Il a pourtant maintenu le pays hors de l’eau au cours d’une des pires crises que nous ayons jamais connues.
Il n’est même pas impossible que Mme Merkel et lui aient sauvé l’Europe et l’euro.
Pour affronter le jugement de l’histoire, je choisis le camp, à peu près cohérent, Sarkozy-Fillon-Juppé contre le camp, incohérent jusqu’à l’absurde, Hollande (Hollande président ? On croit rêver, disait Fabius) -Aubry-Joly-Mélenchon.
Bonaparte Premier consul prétendait que le seul crime en politique consistait à avoir des ambitions plus hautes que ses capacités.
Je suis sûr que François Hollande lui-même a des cauchemars la nuit à l’idée d’être appelé demain à diriger le pays avec le concours des amis de toutes sortes et étrangement bariolés que lui a réservés le destin.
Je veux bien croire -je n’en suis pas si sûr que pour 2012 les dés sont déjà jetés, que les handicaps du président sortant sont bien lourds pour être surmontés, que le retard est trop rude pour être rattrapé.
J’imagine très bien l’explosion d’enthousiasme sur la place de la Bastille ce soir de mai 2012 où l’élection de M. François Hollande à la magistrature suprême sera enfin annoncée.
Je me demande seulement dans quel état sera la France en 2014 ou en 2015.

christophebasterra:

Je l’ai déjà dit : le deuxième d’album de St Augustine sort le 7 mai prochain. il s’intitule Soldiers, et il est du genre à faire de l’ombre à la concurrence. Parce qu’il y a entre autres cette rengaine lumineuse qui envoie Grandaddy au pays du pounti. En général, on l’écoute une fois, et on appuie sur la touche “repeat”.

(via christophebasterra)

Les gros cailloux

Une petite fable que j’aime bien lire quand ça ne va pas trop, et qui me guide pour me rappeler les choses importantes :

Un jour, un vieux professeur de l’École nationale d’administration
publique (ENAP) fut engagé pour donner une formation sur La
planification efficace de son temps à un groupe d’une quinzaine de
dirigeants de grosses compagnies nord-américaines. Ce cours
constituait l’un des cinq ateliers de leur journée de formation. Le
vieux prof n’avait donc qu’une heure pour “passer sa matière “.

Debout, devant ce groupe d’élite (qui était prêt à noter tout ce que
l’expert allait enseigner), le vieux prof les regarda un par un,
lentement, puis leur dit : “Nous allons réaliser une expérience”.

De dessous la table qui le séparait de ses élèves, le vieux prof
sortit un immense pot Mason d’un gallon (pot de verre de plus de 4
litres) qu’il posa délicatement en face de lui. Ensuite, il sortit
environ une douzaine de cailloux a peu près gros comme des balles de
tennis et les plaça délicatement, un par un, dans le grand pot.
Lorsque le pot fut rempli jusqu’au bord et qu’il fut impossible d’y
ajouter un caillou de plus, il leva lentement les yeux vers ses élèves

et leur demanda :

“Est-ce que ce pot est plein?”.

Tous répondirent : “Oui”.

Il attendit quelques secondes et ajouta : “Vraiment?”.

Alors, il se pencha de nouveau et sortit de sous la table un récipient

rempli de gravier. Avec minutie, il versa ce gravier sur les gros
cailloux puis brassa légèrement le pot. Les morceaux de gravier
s’infiltrèrent entre les cailloux… jusqu’au fond du pot.

Le vieux prof leva à nouveau les yeux vers son auditoire et redemanda
: “Est-ce que ce pot est plein?”. Cette fois, ses brillants élèves
commençaient à comprendre son manège.

L’un d’eux répondît: “Probablement pas!”.

“Bien!” répondit le vieux prof.

Il se pencha de nouveau et cette fois, sortit de sous la table une
chaudière de sable. Avec attention, il versa le sable dans le pot. Le
sable alla remplir les espaces entre les gros cailloux et le gravier.
Encore une fois, il demanda : “Est-ce que ce pot est plein?”.

Cette fois, sans hésiter et en choeur, les brillants élèves
répondirent :

“Non!”.

“Bien!” répondît le vieux prof.

Et comme s’y attendaient ses prestigieux élèves, il prit le pichet
d’eau qui était sur la table et remplit le pot jusqu’a ras bord. Le
vieux prof leva alors les yeux vers son groupe et demanda : “Quelle
grande vérité nous démontre cette expérience? “

Pas fou, le plus audacieux des élèves, songeant au sujet de ce cours,
répondît : “Cela démontre que même lorsque l’on croit que notre agenda
est complètement rempli, si on le veut vraiment, on peut y ajouter
plus de rendez-vous, plus de choses à faire “.

“Non” répondit le vieux prof. “Ce n’est pas cela. La grande vérité que
nous démontre cette expérience est la suivante: si on ne met pas les
gros cailloux en premier dans le pot, on ne pourra jamais les faire
entrer tous ensuite”. Il y eut un profond silence, chacun prenant
conscience de l’évidence de ces propos.

Le vieux prof leur dit alors : “Quels sont les gros cailloux dans
votre vie?”
“Votre santé?”
“Votre famille?”
“Vos ami(e)s?”
“Réaliser vos rêves?”
“Faire ce que vous aimez?”
“Apprendre?”
“Défendre une cause?”
“Relaxer?”
“Prendre le temps…?”
“Ou… toute autre chose?”

“Ce qu’il faut retenir, c’est l’importance de mettre ses GROS CAILLOUX
en premier dans sa vie, sinon on risque de ne pas réussir…sa vie. Si
on donne priorité aux peccadilles (le gravier, le sable), on remplira
sa vie de peccadilles et on n’aura plus suffisamment de temps précieux
à consacrer aux éléments importants de sa vie.

Alors, n’oubliez pas de vous poser à vous-même la question :
“Quels sont les GROS CAILLOUX dans ma vie?”
Ensuite, mettez-les en premier dans votre pot (vie)”
D’un geste amical de la main, le vieux professeur salua son auditoire
et lentement quitta la salle.

Deux semaines de boulot entre deux périodes de vacances….Garde alternée oblige
Quelques jours pour finir ce qui reste à finir, les derniers mails, les derniers coups de fil, les derniers dossiers et prendre l’autoroute … Celle qui me mène vers ma source… Cette racine que j’aime beaucoup, mais que je vois peu.

Je vais la ou sont mes seules attaches. Mon père, ma mère, mes tantes et oncles, mes cousines….j’aime faire découvrir cet environnement a mes enfants et graver leur mémoires de mes éternels souvenirs
J’ai hâte de sentir l’odeur des bugnes… de m’attabler a ces diners interminables ou l’on parle fort plusieurs langues a la fois… J’ai hâte de retrouver ce qui a fait le sel de ma jeunesse et le goût des repas du sud. Et prendre le temps…le temps de lire, de m’occuper de mes enfants, de moi, de jouer…et voir mes amis.
Bonnes et heureuses vacances.